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« Je m’en allais les poings dans mes poches crevées 

Mon paletot aussi devenait idéal »

 

Ces vers de Rimbaud m’ont toujours accompagné depuis l’enfance et je me les récite à chacune de mes balades. Cela fait déjà quelques décennies que je m’en vais les poings dans mes poches crevées, dans mes rêveries de promeneur solitaire, sur les trottoirs urbains ou les chemins forestiers… C’est là mon privilège, ma bonne fortune et ma joie. Flâner et regarder. 

 

Je fus le premier surpris que mes chemins de promenades me conduisent de l’huile à l’encre, puis aux pigments et à la gravure et monotypes. Si je repense à ces 30 années de chemin caillouteux, je m’aperçois que les rapports de l’ombre et la lumière ont tissés le fil conducteur de tout mon travail. Habiter les vides et, non pas poser, mais révéler une lumière qui n’est jamais un ornement mais une espérance, une certitude de Salut.

 

Installé à Orsières, dans les Alpes suisses valaisannes, la montagne est souvent le point de départ de mes recherches. Loin du pittoresque, elle est mon territoire intérieur. En ce sens, je grimpe chaque jour cette montagne même si le sommet recule au fur et à mesure.

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